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MOREH

Peinture d’une éblouissante lumière. Elle est conquête, même si les ténèbres sont à proximité, envahissantes, qui gagnent du terrain. Pour Moreh, l’opacité du monde n’est et ne fut qu’une éclipse. La lettre demeure toujours, constante, perpétuelle. Elle est dans l’arbre et la fleur, l’eau et l’oiseau. Le monde survit à la déchirure, car le nom est tout puissant. Il illumine et, en dépit de l’absence et de l’éclipse, ne finit pas de poursuivre sa création. L’artiste est là, serviteur de l’œuvre, ouvrier, qui façonne tous les matins la naissance de la lumière. L’espace se fond dans le temps et l’artiste capte l’éternité dans chacun des instants.
Le monde se révèle dès lors, éternel jardin. Les femmes naissent de l’eau et les arbres sont des prolongements de nuages et tout monte de la source de l’immémorial. Le temps ne s’arrête pas aux dimensions de l’espace. Toute figure, toute couleur sont des mouvements perpétuels. Naissance et origine, un constant recommencement. Le peintre accueille le don pour le transmettre.
Moreh est un fidèle lecteur des prophètes qui savent dire l’éternité dans le moment et qui, par le verbe, arrêtent le passage. Pour Moreh, le verbe est aussi image.
NAÏM KATTAN
Catalogue de l’exposition
Peintures visionnaires
108 pages - 18 €





