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MARIE-FRANCE BERNOT

Du 11 Mai 2012 au 23 Juin 2012
La peinture de Marie-France Bernot navigue entre abstraction et figuration. Sa technique a tempera sur bois ou sur papier, ainsi que ses dessins à la pierre noire ou à la sanguine ancrent son travail dans un savoir faire ancestral.
La main, l’humain s’inventent « un dialogue entre les corps, un passage sinueux entre l’homme et le monde1».
« Son travail se situe au point d’équilibre entre le dessin, la couleur et la matière, entre histoire et modernité2».
 
1Anne-Sophie Reineke (2011)   
2Lauriane  Whitechurch (2012)

 

Le langage des mains - Peintures et dessins de marie-france bernot

 

Donne-moi tes mains que mon cœur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.
(Aragon, Les mains d'Elsa)

 

Les voix se sont tues, et avec elles le tumulte des mots superflus. Car dans l'empreinte laissée par le verbe assoupi, un autre langage vient naître à la vue : le parler muet des mains caressantes, poignantes ou suppliantes, le discours silencieux des mains qui s'enlacent et s'élancent. La peinture de Marie-France Bernot n'a rien à décrire, rien à narrer, elle sonne plutôt ici comme une ultime injonction : regardez ce que les mains ont à dire ! 

Les mains nous murmurent tout d'abord la faiblesse et la force, la solitude sans fond des corps esclaves de leurs contours charnels, contre lesquels vient buter, sans bruit, le désir d'autre chose. Rompre, une fois seulement, l'enfermement en soi, le vide sans écho, exulter et implorer la délivrance ! Telle est la parole inaudible du corps souffrant et étouffant de n'être que lui-même. Pourtant, n'est-ce pas cette main-là qui, parfois, laisse s'ouvrir et surgir un monde palpable ? Puissance de révélation, oui, c'est bien elle qui offre à la chair prisonnière  le don de toucher et d'être touchée. Si naturelle et humaine à la fois, la main détient en effet le pouvoir de dévoiler ce qui jusque là se tenait en retrait, obscurci ou opaque. Rien n'existe avant elle, pas même l'espace, qu'elle engendre, à chaque instant, par son propre mouvement. Au cœur de la main une âme palpite, qui donne sens et pourtour à tout ce qui est. Grâce à elle adviennent la rugosité, la douceur, grâce à elle les corps enchaînés se délivrent de leur pesante présence pour s'étreindre et se comprendre.

Les mains sont de bien touchantes messagères. Qu'en elles se devinent de profonds sillons ou de tendres courbes, qu'elles soient mains de mendiant ou mains de souverain, elles partagent un même destin et nous rappellent, en leur nudité crue, l'universelle finitude et la fugacité des instants vécus. Fragiles incarnations, elles nous parlent d'amour et de pardon, estompent les vestiges de l'individualité et nous ramènent vers une humanité paisible, réconciliée. Car les mains, plus que toute autre partie du corps,  s'exposent : en se donnant à voir et à saisir, elles se montrent et se mettent en danger à la fois. Leur force, elles la puisent au creux de la caresse, quand la lutte fait place à l'abandon et que, le temps d'un frôlement, elles consentent au contact, sans crainte de se perdre.

Marie-France Bernot peint l'âme de la chair, elle en suit les marques et les douleurs, l'innocence et les plaisirs. Paume contre paume, peau contre peau s'invente ici un dialogue entre les corps, un passage sinueux entre l'homme et le monde. Ce dialogue est celui de la grâce, surcroît de puissance, surabondance qui n'attend rien en retour.

Anne-Sophie Reineke, octobre 2010

 

Dans la peinture de Marie-France Bernot,

… il y a des couleurs patinées tellement travaillées qu’elles n’ont plus de nom. Elles sont seulement du côté du feu ou du côté de l’eau, offrant de vertigineuses profondeurs…

Il y a ce que l’on ressent, qui nous emmène très loin de la vie quotidienne, optant pour les sentiers de l’esprit vers les orées d’une histoire lumineuse et primordiale.

Cette peinture n’est pas bavarde mais elle imprime ses silences de façon irréversible…

Cette œuvre qui mûrit lentement, sûrement, patiemment, à l’écart des turbulences, est faite pour combler, pas pour séduire.

Martine Gayot

 

Marie-France Bernot-peintre

« Il faut échapper à la modernité et extraire du passé les essences du futur » (Gérard Garouste, L’Intranquille)

En choisissant d’échapper au cloisonnement esthétique et conceptuel d’une époque et de ses courants artistiques, Marie-France Bernot œuvre dans le sens d’un syncrétisme pictural. Loin de ses années de formation parisienne en arts plastiques et de ses premiers travaux hyperréalistes, elle se tourne, suite à un voyage en Grèce, vers un passé aux arts multiples d’où elle puise savoir-faire et iconographie, sans pour autant se fourvoyer dans la facilité de la citation. Elle puise également aux sources de ses nombreux voyages, notamment de ses années passées en Amérique du Sud.      

Alors qu’elle lui emprunte sa technique « a tempera », l’icône originelle laisse rapidement place à l’abstraction la plus moderne. Puis survient ce besoin de dire l’humain dans son langage pictural. Alors la main s’impose, métonymique. Sans jamais tomber dans l‘anecdotique, le dessin à la sanguine ou à la pierre noire éclate dans le tableau tout en se fondant dans la peinture aux teintes incendiaires et minérales à la fois. La lumière jaillit de l’or et l’on navigue entre abstraction et figuration.

La création commence dans la matière avec les pigments purs, dilués, liés et mélangés selon  un savoir-faire ancestral qui se répète chaque jour dans le secret de l’atelier. Sur le papier le dessin est précis et sur le bois le geste se libère, la couleur éclate, disparaît et réapparaît subtilement. L’œuvre naît de ce combat au corps à corps, de ce travail paradoxal, lent et incarné, rigoureux et spontané, au point d’équilibre entre le dessin, la couleur et la matière, entre histoire et modernité.

Lauriane Whitechurch, 2012

Les expositions de l'artiste

Expositions Personnelles :

2012 - Galerie d’Art Contemporain – Chamalières

2007 - Galerie Les Tourelles – Brioude

2004 - Eglise Saint-Maurice – ‘Lille 2004 Capitale Européenne de la Culture’

2003-04 - Galerie Shakan – Lausanne (Suisse)

2003 - Galerie Christian Bigot – Mâcon

2002 - Espace La Source – Grenoble

2001-02 - Galerie Le coup de cœur – Lausanne (Suisse)

1998 - Espace Confluences – Lyon

1997 - La Buissonnière – Mâcon

 

Salons :

2004 - “Plasticiens du Puy-de-Dôme” – Clermont-Ferrand

2004 - Salon de l’Académie des Beaux-Arts – Lyon (invitée ‘pleins feux’)

2002 - Salon des artistes régionaux – Mâcon (invitée d’honneur)

1998, 2000 - Biennale d’Art Sacré Contemporain – Lyon

1983 - Salon international “Novembre à Vitry”

 

Expositions Collectives :

2010 -11 - Cathédrale – Clermont-Ferrand

2010 - Salle des Clercs – Valence  

2009 - Basilique Notre-Dame-du-Port – Clermont-Ferrand

2007 - Galerie La Côte Rouge – Caen     

2000, 2002 - Centre d’Art Sacré Contemporain Fra Angelico – Liège (Belgique)

1999 - Ecuries Saint-Hughes – Cluny

1998 - Tour Saint-Nicolas – Paray-le-Monial

1996 - Salle Victor Duruy – Cluny

 

Expositions Permanentes :

depuis 2005 - Galerie du Crescendo – Mougins      

2005 à 2009 - Galerie Les Tourelles – Brioude  / La Chaise Dieu

2000 à 2003 - Galerie Frédéric Gollong  – Saint-Paul-de-Vence

 

Contact

Marie-France Bernot

25, rue des Noyers – 63540 Romagnat

e-mail : mf-bernot@laposte.net

site : www.marie.france.bernot.free.fr

 
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