Marie-Claire PINARDEL

Contact :
Site internet : site de l’artiste
Email : mcpinardel@gmail.com

Présentation

FACE-À-FACE

Dans le grand atelier, la lumière entre à flots. J’ai le sentiment qu’ici l’agitation extérieure cède la place à un rapport au monde plus intériorisé. D’ici, le paysage derrière les baies ne peut s’embrasser d’un seul regard. De la même manière, la peinture ne peut se dire en un seul temps, elle a besoin de la durée pour s’épanouir en un déploiement musical. Face à la lumière naturelle, sur les murs de béton, les toiles se succèdent et se répondent comme des stèles subtilement colorées…

Le premier sentiment est d’être face à la peinture…telle une évidence, sans ambiguïté. « La mort de la peinture ne me concerne pas », nous dit l’artiste. La sentence s’impose avec autant de force que l’oeuvre: Marie-Claire Pinardel est peintre, elle peint à l’huile et il serait vain de vouloir convoquer une longue théorie d’artistes contemporains ou classiques pour justifier cette affirmation. sa pratique assume un médium dont elle use en mêlant les savoirs-faire les plus traditionnels à l’expérimentation.

Ce qui accroche mon regard c’est cette sédimentation de signes actifs, de gets multiples, cette capacité à organiser les strates de la peinture jusqu’à l’équilibre. Il y a toujours un geste premier, un geste des origines qui nous sauve du chaos. Une énergie émane du fond, d’un temps antérieur. Me voici face-à-face avec la durée. Le temps est une condition nécessaire de la peinture de Marie-Claire pinardel, mais il n’est pas une condition suffisante. Il y a là de la durée dont je perçois l’écoulement, non pas dans la succession mécanique des secondes et des heures, mais bien plutôt dans un tressage de temporalités. Sont convoqués des instants que la peinture ne nous présente plus de manière chronologique, mais dans une polyphonie où l’avant et l’après ne se contredisent plus. Ces durées entremêlées, et perceptibles, réclament une posture particulière de l’esprit. Les toiles m’entraînent vers l’état d’être du « rêveur lucide », me donnent le sentiment de retrouver le dormeur éveillé que Gaston Bachelard appelait de ses voeux.

Il s’agit moins de psychanalyse que de notre capacité – c’en est une – à accueillir une pensée créatrice émergente, intuitive et disponible pour celui qui se place en position d’écoute et de réceptivité.

Et cet état de rêverie active se mêle ici à une culture artistique et scientifique très assumée par l’artiste.

Notre connaissance du monde est faite d’experiences et de déductions, mais aussi d’intuitions. Il s’agit de dire la dimension inaccessible du réel, le profond mystère du monde. La toile n’est plus un cadrage sur un pan de nature, mais plutôt un lieu de passage vers un espace où se mêlent la fulgurance des souvenirs et le temps très concret de la peinture. Le déferlement de signes crée une profondeur polychrome dans laquelle le regard est appelé à s’engager, à cheminer; et ce cheminement ira pour l’artiste jusqu’à l’épuisement d’un thème, un épuisement du désir, consumé de toile en toile. Dans la trame des oeuvres, les gestes de Marie-Claire Pinardel convoquent tout un univers de végétation vitaliste qui n’exclut pas les vestiges d’une figuration. La peinture est devenue un espace, ou plus justement un lieu, théâtre de toutes les mutations, de toutes les métamorphoses. Il y a toujours « quelque chose en face », toujours une interrogation, un drame ou un émerveillement.

« Juste en face », « Souffle »… Les titres des peintures de Marie-Claire Pinardel sont éloquents, et ont une implication limpide: un échange, un face-à-face, une interaction. Être face-à-face avec la peinture, c’est être debout dans l’affirmation de sa propre présence, avec ce sentiment que l’altérité est aussi en chacun de nous.Il s’agit de faire un pas de côté pour changer, même légèrement, de point de vue, et appréhender une nouvelle connaissance de soi, de l’autre et du monde dans son intimité. Et sans doute faut-il se laisser entraîner, malgré la dureté du réel, par les talents de coloriste d’une peintre dont l’ambition est avant tout de retrouver un art de l’enchantement.

Jean-Paul Dupuy, historien de l’art.

Quelques oeuvres (cliquez sur les vignettes pour les agrandir)

LES EXPOSITIONS DE MARIE-CLAIRE PINARDEL

2019

Atelier de Chevreuse, parcours Hélium

Saint Saturnin, jour de Lumière, Inoffensif

Château de Neuvicq le Château

Gallery 21 "Juste en face", Paris 6ème

2018

Gallery 21, Saint Germain des près "Khaos"

Tauves "Tout est d'abord rêvé"

2017

CHU Estaing

Mairie de Tulle (Rétrospective)

Les jours de lumière-off, Saint-Saturnin

Phusis, Clermont-Ferrand, CHU Estaing

2016

Rétrospective 2009-2016, mairie de Tulle

Phusis, Galerie M. de Holmsky, Paris

Jardin d'amis, Gençay

2015

Les Arts en balade, Clermont-Ferrand

2014

Juste en face, Orcet

2013

Les abris d'âmes, Ceyrat

2009

Galerie Bellerive sur Allier

Marie-Claire PINARDEL